Le réseau de proximité qui vous suit dans votre vie d’artisan en Nouvelle-Aquitaine
Le réseau de proximité qui vous suit dans votre vie d’artisan en Nouvelle-Aquitaine
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Tout est parti d'une boutade pour ce couple de Normands installé en Gironde : lancer une cidrerie pour renouer avec leurs racines et se réinventer dans un métier artisanal. Cinq ans plus tard, ce pari un peu fou s'est mué en une structure de l'économie sociale et solidaire (ESS) à l'impact indéniable sur son territoire.
Débarqués à Bordeaux pour leurs études, les Normands Marion Derycke et Jérémy Rouxel se trouvèrent bien dépourvus quand, dans les bars, la commande fut venue : « Jérémy préférait le cidre à la bière mais impossible d'en trouver à la pression et toutes les bouteilles étaient importées ». Leur goût pour ce breuvage fait aussi des émules auprès de leurs amis : un marché local aurait-il de l'avenir ? « Si je fais un burn-out, on ouvrira une cidrerie », lance Marion à la cantonade. Une plaisanterie prémonitoire : « Je travaillais dans la communication et le burn-out est bel et bien arrivé. J'ai décidé de sauter le pas et d'aller suivre une formation en Normandie, la seule certifiante en France ». Au bout d'un an, la jeune femme a acquis le savoir-faire théorique. Mais la Covid frappe et les bars ferment. « Nous avons mis à profit les confinements pour faire des stages, pour mettre ensemble les mains dans la pomme et conforter notre projet. Le patron de Jérémy, alors technicien en courant faible, a été très soutenant. » En juillet 2021, la Cidrerie HIC est officiellement lancée, sur leurs fonds propres, avec des machines un peu obsolètes, tout en conservant leur emploi en parallèle (dans l'intervalle, Marion a créé sa propre boîte de communication). « C'est une activité très saisonnière, concentrée sur l'automne. Au printemps 2022, nos mille premières bouteilles ont été vendues en un mois, preuve que le marché existait. »
Ce succès leur ouvre enfin les portes des banques, restées pour l'heure closes. Jérémy quitte son poste fin 2022 pour produire à plus grande échelle. « Pour l'instant, je conserve mon entreprise, d'autant plus que j'ai un salarié. Les premières années il y a énormément de travail pour peu de revenus, nous devons veiller à notre stabilité financière, surtout avec deux enfants désormais… » Aujourd'hui, leur entreprise produit trois cuvées de cidre, mais aussi des jus de pomme, des purées de fruits, du vinaigre de cidre, de la gelée et de la farine de pomme. « Nous sommes une structure de l'ESS. Nos valeurs sont intégrées dans nos statuts et nous obligent à avoir un impact social, écologique et territorial. » Un principe plus qu'honoré : « Nous essayons de trouver des solutions à tout pour limiter notre empreinte carbone et réduire au maximum le gaspillage et les déchets. Grâce à la diversification de nos gammes, en deux ans, nous avons mis en méthanisation seulement 500 kg de marc pour 450 tonnes de pommes pressées », illustre-t-elle.
En 2025, soutenue par les collectivités locales, la cidrerie a également pu réinvestir 150 000 euros dans son outil de production pour transformer en jus les fruits non vendus des agriculteurs et viticulteurs locaux. À l'occasion de ce développement, qui marquait aussi leur implantation à Sadirac, le couple de cidriers s'est rapproché de la CMA : « L'un de leurs conseillers nous a aidés à monter le dossier de financement. Une fois dans leur scope, la Chambre nous a beaucoup valorisés : participation à Exp'Hôtel, remise d'un prix dans nos locaux, mise en lumière lors de leur cérémonie des vœux… » En 2026, la Cidrerie HIC devrait doubler son chiffre d'affaires et déborde encore de projets : « Surtout multiplier les revendeurs de notre cidre à la pression, dont le lancement était l'objectif numéro un. Les efforts et les enjeux sont énormes dans l'agroalimentaire mais on est ravis : ça décolle enfin »
Plus d'infos : Cidrerie HIC – Sadirac (33) – cidrerie-hic.fr
Un licenciement, une quarantaine qui approche, une petite voix qu'on n'écoute plus… Pour ces 11 artisans de Nouvelle-Aquitaine, le moment de rupture n'a pas été une fin — il a été le point de départ d'une vie choisie. Ingénieur devenu loueur de vélos, directrice commerciale reconvertie en sellière, docteure en pharmacie qui travaille désormais le sable… Leurs parcours n'ont pas grand-chose en commun à première vue. Ce qui les réunit, c'est d'avoir pris leur rêve au sérieux — et de ne pas être repartis les mains vides de leur ancienne vie. La CMA Nouvelle-Aquitaine les a accompagnés pour transformer l'envie en réalité. Aucun ne regrette.
Crédit : Gwen Tilly
CMA
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