Le réseau de proximité qui vous suit dans votre vie d’artisan en Nouvelle-Aquitaine
Le réseau de proximité qui vous suit dans votre vie d’artisan en Nouvelle-Aquitaine
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Un jour, la quarantaine imminente, la petite voix qu'Élodie Luce entendait au fond d'elle depuis si longtemps s'est exprimée plus fort et a rebattu les cartes. Vivre de sa passion pour la bijouterie est d'un seul coup devenu possible. Huit ans plus tard, la reconvertie s'épanouit pleinement dans sa nouvelle vie, bien loin de sa première expérience comme chef de projet dans l'environnement.
Les souvenirs de son ancienne carrière lui semblent presqu'insaisissables tant Élodie Luce a changé de vie. Touche-à-tout, artiste dans l'âme…, elle était une lycéenne studieuse, matheuse. Elle s'est donc orientée vers une école d'ingénieur, option géotechnique. « Je cherchais un métier qui ait du sens, qui réponde à mon appétence pour l'écologie, le rapport à la nature. » La dépollution des sols et des eaux souterraines devenue sa spécialité, elle passera treize ans chez Suez, puis trois chez Arcadis, principalement à Toulouse. « À la fin, j'étais manager à la tête d'une équipe de production de dix-huit personnes. Même si j'étais entre le marteau et l'enclume, c'était passionnant. » Lorsque les demandes de la direction commencent à dévier de ses valeurs, la perte de sens devient prégnante. Elle prend la tangente à la faveur d'un PSE et laisse s'exprimer un désir longtemps enfoui : devenir bijoutière.
« J'ai toujours adoré créer ! Les bijoux et les pierres fines m'ont toujours fascinée. C'est d'ailleurs ce que je regarde en premier chez une personne. » Désormais libre et fraîchement débarquée à Pau, la jeune maman entreprend sa reconversion, multiplie les formations (notamment à la Haute école de joaillerie à Paris), « pour acquérir un maximum de techniques mais aussi pour ma culture personnelle ». Travail du métal, maquette cire, lapidaire… Tout la transcende, la conforte dans son choix. Elle se sent alignée, à la bonne place. « Le travail sur la pâte de métal a été une révélation. Le bronze recyclé est devenu ma matière de prédilection. En mixant les techniques de modelage, semblables à la céramique, et les techniques traditionnelles de bijouterie, les possibilités créatives sont infinies. » Les inspirations également pour cette femme sensible, profondément humaine et spirituelle. Elle immatricule son entreprise officiellement fin 2018 : Elluce. De chef de projet à chef d'entreprise, il n'y a finalement qu'un pas. Élodie maîtrise les aspects financiers, commerciaux, la relation client…, « même s'il faut encore que je me forme complètement aux réseaux sociaux et à la vente en ligne. Je tente de m'améliorer chaque jour ». Pour l'épauler, elle a pu compter sur la CMA de Pau : « Ils m'ont beaucoup guidée sur les démarches ainsi que sur les aides auxquelles je pouvais prétendre. Cet accompagnement humain et ces coups de pouce financiers ont été les bienvenus au démarrage. »
Elle se concentre d'abord sur les marchés de créateurs, les ventes privées, les boutiques éphémères partagées, puis elle crée de toutes pièces une boutique de créateurs en 2022 à La Cour, à Jurançon, « un lieu insolite qui me plaisait énormément et regroupait brocantes, friperies, artisans, artistes… ». Les locaux à l'écart du centre-ville et la baisse d'activité en 2025 l'ont amené à ouvrir une boutique-atelier dans le centre de Pau, en février dernier, Bô & Cie, qu'elle partage avec une céramiste, Terre by 0nmp. « Le commerce est devenu très compliqué mais j'ai la chance d'avoir des clients fidèles. » Désormais, la bijoutière espère pouvoir freiner sur les marchés de créateurs estivaux, « passionnants mais fatigants au niveau logistique », asseoir sa notoriété à Pau et développer la vente en ligne. La création artistique, tout comme l'aventure entrepreneuriale, sont affaire de temps et d'énergie. Élodie Luce ne les compte pas pour vivre de sa passion.
Plus d'infos : Elluce – Sauvagnon (64) – www.elluce.fr
Un licenciement, une quarantaine qui approche, une petite voix qu'on n'écoute plus… Pour ces 11 artisans de Nouvelle-Aquitaine, le moment de rupture n'a pas été une fin — il a été le point de départ d'une vie choisie. Ingénieur devenu loueur de vélos, directrice commerciale reconvertie en sellière, docteure en pharmacie qui travaille désormais le sable… Leurs parcours n'ont pas grand-chose en commun à première vue. Ce qui les réunit, c'est d'avoir pris leur rêve au sérieux — et de ne pas être repartis les mains vides de leur ancienne vie. La CMA Nouvelle-Aquitaine les a accompagnés pour transformer l'envie en réalité. Aucun ne regrette.
Crédit : Astrid Lagougine
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