Le réseau de proximité qui vous suit dans votre vie d’artisan en Nouvelle-Aquitaine
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Le réseau de proximité qui vous suit dans votre vie d’artisan en Nouvelle-Aquitaine
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La CMA Nouvelle-Aquitaine a interrogé les entreprises artisanales de la région sur leur rapport à l'eau : dépendance, priorités, actions engagées, craintes pour l'avenir et attentes vis-à-vis des pouvoirs publics. 228 réponses ont été recueillies, 198 exploitées, et 363 réponses ouvertes lues intégralement et codées thématiquement, sans échantillonnage. Résultat : un sujet qui reste secondaire pour près d'un artisan sur deux, mais qui s'impose déjà comme central pour ceux dont l'activité en dépend le plus.
À l’été 2025, la Nouvelle-Aquitaine figurait parmi les sept régions françaises en sécheresse superficielle « extrême », et la Gironde et la Charente-Maritime comptaient parmi les cinq départements les plus touchés par les restrictions d’eau. L’été 2026 a suivi la même pente : début août, plus de 90 départements métropolitains faisaient l’objet d’un arrêté sécheresse, selon le dispositif national VigiEau. En Gironde, la préfecture a durci ses arrêtés à plusieurs reprises depuis juin et placé plusieurs bassins versants au niveau « crise » (Virvée-Moron, Fongaband-Langranne, Lidoire, Barbanne-Lavié-Palais), sous une chaleur persistante et sans pluie significative.
Cette succession d’étés secs s’inscrit dans une raréfaction de la ressource que les climatologues documentent à l’échelle nationale. Pour la région, l’ampleur de l’aggravation reste à mesurer année après année. Les réponses des entreprises interrogées se lisent à la lumière de cette situation : pour une partie d’entre elles, la tension sur la ressource est déjà concrète.
57 % des entreprises actives déclarent une dépendance moyenne à critique à l’eau, dont 30 % une dépendance forte ou critique. L’eau n’est donc pas un sujet secondaire pour la majorité des artisans interrogés, mais elle n’est pas partout aussi urgente : 46 % des répondants estiment qu’elle n’est pas une priorité pour leur entreprise aujourd’hui, et 25 % l’ont déjà intégrée à leur stratégie. Les autres en sont à un stade intermédiaire, avec de premières actions engagées.
Les réponses suivent de près l’exposition réelle de chaque entreprise. Aucune des entreprises en dépendance critique ne considère l’eau comme secondaire, alors que 78,8 % de celles en dépendance faible répondent « pas une priorité ». L’écart est le même sur l’anticipation : 78,6 % des entreprises en dépendance critique prévoient un impact de l’eau sur leur activité dans les prochaines années, contre 14,1 % de celles en dépendance faible. La place donnée à l’eau varie donc avec l’exposition de l’entreprise.
L’enquête a demandé aux 91 entreprises pour qui l’eau n’est pas une priorité ce qui retenait davantage leur attention. Le coût de l’énergie (électricité, carburant, gaz) arrive en tête : 22 réponses, soit 24 %, loin devant la conjoncture économique générale ou la recherche de clientèle. Par ailleurs, 17 répondants (19 %) disent n’avoir aucune priorité liée à l’eau ou ne pas être concernés dans leur métier. Six d’entre eux mentionnent tout de même l’eau, au titre d’un coût indirect ou d’une dépendance saisonnière : la frontière entre priorité et non-priorité n’est pas toujours nette.
Parmi les 57 entreprises qui ont engagé de premières actions, deux leviers arrivent à égalité : la récupération d’eau de pluie (17 réponses : cuves, récupérateurs) et le changement des pratiques quotidiennes (17 réponses : limiter l’écoulement, réduire les lavages, rationner l’usage). Viennent ensuite les équipements économes (mousseurs, mitigeurs, réducteurs de débit), cités 11 fois, puis la réutilisation de l’eau déjà employée, en circuit fermé ou par réemploi des eaux de nettoyage (8 réponses). Quatre entreprises portent des projets plus ambitieux, freinés par le coût des devis ou la lourdeur des démarches administratives.
Les 50 entreprises qui ont déjà intégré l’eau à leur stratégie ne sont pas à l’abri des difficultés. Treize d’entre elles (26 %) n’en signalent aucune, ce qui peut refléter aussi bien une gestion maîtrisée qu’une moindre exposition au risque. Chez les autres, la dépendance structurelle de l’activité à l’eau est citée en premier (9 réponses), devant l’insuffisance des solutions de recyclage ou de récupération disponibles (6), le gaspillage à maîtriser (5) et la disponibilité de la ressource en période de sécheresse (5).
Cinquante-neuf entreprises s’attendent à un impact de l’eau sur leur activité dans les années à venir, et 56 ont détaillé ce qu’elles anticipent. Leurs réponses portent surtout sur ce qu’elles envisagent de faire : 13 évoquent la récupération ou le stockage d’eau de pluie, 11 la sobriété au quotidien. Les craintes sont moins citées : qualité ou disponibilité de la ressource (6 réponses), pénurie menant à l’arrêt de l’activité (3). Un obstacle revient : des démarches administratives bloquées ou redoutées (3 réponses), notamment pour les ouvrages hydrauliques.
La question sur le message à adresser aux acteurs publics, posée à l’ensemble des 228 répondants, est celle qui a recueilli le plus de réponses : 109. Parmi elles, 31 (28 %) n’ont aucun message à transmettre ou refusent d’y répondre. Les 78 autres sont des messages de fond. La demande la plus fréquente concerne l’aide et l’incitation à la récupération et au stockage de l’eau de pluie (15 réponses), qui prolonge les actions déjà engagées et les anticipations décrites plus haut. Viennent ensuite la défiance envers l’action publique (9 réponses), puis, à 8 réponses chacun, les témoignages sur sa propre pratique (sans demande formelle), les appels à mieux entretenir les infrastructures existantes (fuites, réserves) et ceux à végétaliser les sols. La réglementation de l’irrigation agricole est évoquée 7 fois. Six réponses défendent enfin l’eau comme un « bien commun » à protéger de toute appropriation privée.
Les 228 réponses ont été lues intégralement. Les 363 réponses ouvertes non vides, réparties sur cinq questions, ont fait l’objet d’un codage thématique manuel et multi-label : une réponse pouvait recevoir plusieurs étiquettes si elle abordait plusieurs sujets. Le référentiel a été construit à partir du contenu réel des réponses, sans grille imposée au départ. Au total, 63 sujets distincts ont été identifiés, pour 411 mentions. La logique de branchement du questionnaire (certaines questions ne sont posées qu’en fonction des réponses précédentes) a été vérifiée, et les volumes ont été recomptés de façon indépendante, sans double comptage.
Repères chiffrés
Enquête « Eau & Artisanat en Nouvelle-Aquitaine », menée et analysée par le Pôle Data Marketing (DRSCC) de la CMA Nouvelle-Aquitaine. Analyse intégrale, sans échantillonnage ni extrapolation statistique.
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